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Bordeaux - Manifestation du 17 octobre 1961

manifestation

17 Octobre 1961 "A Paris, Mardi soir la police a chargé "- Tribune Socialiste N°72, 21 Octobre 1961

 

 


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

evian

Tribune Socialiste N°55, 27 Mai 1961

 

 

 

charonne

Tribune Socialiste N°135, 9 Février 1963 "Il y a un an le 8 février 1962, neuf travailleurs tombaient sous les coups des forces policières"

 

 

1964

"Il s'agit de créer les structures d'une société nouvelle"Tribune Socialiste N°189, Avril 1964

 

1965

Ils sont les Algériens d'aujourd'hui.
"Deux ans d'indépendance ont fait apparaître au peuple algérien toute l'étendue de ses mutilations culturelles" "Arabes parce que socialistes" 1965, Jacques Vivien

 

 

INTERNATIONAL / ALGÉRIE

DOCSBLANCREGARDS

1957

9 -12 MAI 1957 ● UNION DES GRANDES ÉCOLES ● XIème CONGRÈS ● RAPPORT DE LA COMMISSION JEUNESSE ● SITUATION DES JEUNES DU CONTINGENT ET DES RAPPELÉS D’ALGÉRIE ● Ce texte se situe en amont de la période 60-71 mais ne peut être ignoré pour comprendre les actions, mouvements de masse, revendications et manifestations du monde étudiant et des forces démocratiques qui suivront de 1960 à 1969. A partir d’une documentation importante et vérifiée, l’U.G.E. dénonce les tortures et actes violents des Français en Algérie. Son but n’est pas de faire de la politique mais plutôt d’exprimer les difficultés morales rencontrées par les jeunes appelés confrontés à cette image de la France.
Lire le texte de la Commission Jeunesse au XIème congrès de l’Union des Grandes Écoles, 9-12 mai 1957

1960

1er FÉVRIER 1960 SUITE AUX « BARRICADES D’ALGER » (24 JANVIER – 1er FÉVRIER ), MANIFESTATIONS ET ARRÊT DE TRAVAIL D’UNE HEURE Á L’APPEL DES ORGANISATIONS SYNDICALES POUR DÉFENDRE LA DÉMOCRATIE Le 16 septembre 1959, De Gaulle avait évoqué le droit des algériens à l’autodétermination. En janvier 1960, le général Massu, commandant du corps d’armée d’Alger,  est muté en métropole, pour avoir tenu à un journal allemand des propos sceptiques quant à la conduite des affaires algériennes par le général De Gaulle. Les insurgés d’Alger veulent contraindre De Gaulle à renoncer à l’autodétermination. En France,  les trois organisations syndicales ouvrières (CFTC, CGT et FO) et la FEN, sont invitées par l’UNEF à se réunir en terrain « neutre » (dans les locaux de la MNEF) ; FO ne participera pas à la réunion ; mais, finalement, les organisations syndicales – appuyées par de nombreux mouvements politiques -  lancent des appels conjoints et partiellement identiques pour un arrêt de travail le 1er février de 11 heures à midi témoignant de leur « attachement à la légalité républicaine et à la politique d’autodétermination ».
Compte rendu de l’Assemblée Générale de l’UNEF des 13 et 14 février 1960 : événements d’Algérie.(extr. pp.166 à 122)

8 – 13 AVRIL 1960 ● LYON ● 49ème CONGRÈS UNEF ● DU CORPORATISME AU SYNDICALISME ● A ce congrès, la question algérienne conditionne la plupart des points abordés. Après trois ans et demi de luttes internes entre les tendances corporatistes apolitiques et les tendances minoritaires favorables à la reprise de dialogue avec les étudiants représentés par l’UGEMA, l’UNEF apparaît comme une force syndicale qui n’hésite pas à prendre position.
Compte rendu in Tribune Socialiste N°3, 23 Avril 1960

AVRIL 1960 ● L’AFFAIRE AUDIN : UN DÉFI À LA JUSTICE ● Trois ans se sont écoulés depuis la disparition de Maurice Audin, assistant en Mathématiques à l’Université d’Alger et la vérité sur les circonstances de sa mort semble chaque jour s’éloigner davantage. Les tribunaux mettent tout en oeuvre pour que le procès des acteurs ne puissent pas avoir lieu.
Tribune Socialiste N°2, 16 avril 1960 - Tribune Socialiste N°6, 14 Mai 1960 Tribune Socialiste N° 9, 4 Juin 1960

MAI 1960 ● L’AFFAIRE ALLEG ● Une plainte contre les tortionnaires de Henri Alleg a été déposée en 1957 et depuis la justice, comme pour Maurice Audin, fait tout pour retarder le procès. Pourtant, le plaignant se trouve en prison depuis 3 ans déjà. « Il serait temps que — comme le demandaient dans une adresse solennelle, en Avril 1958, M. Malraux, Jean-Paul Sartre, François Mauriac et Roger Martin du Gard — « La lumière soit faite dans des conditions d'impartialité et de publicité absolues sur les faits rapportés par Henri Alleg ».
Tribune Socialiste N°6, 14 Mai 1960

MAI 1960 ● LARZAC : UN SCANDALE ET UNE HONTE ● Larzac, département de l’Aveyron dans les Causses est aujourd’hui transformé en camp d’assignation à résidence surveillée. Trois mille hommes s’y trouvent assignés dans des conditions d’hygiène et de vie déplorable, sans médecins ni soins et humiliés par leurs gardiens. Un camp à Boghari, situé dans la zone de Méda en Algérie rassemble également les « suspects » ou des combattants de l’ALN faits prisonniers les armes à la main. Les conditions sont tout aussi déplorables qu’à Larzac. Dans ces camps les prisonniers sont soumis à une mort lente qui n’est pas sans rappeler les méthodes des nazis.
Tribune Socialiste N°6, 14 Mai 1960 signé Louis Houdeville

28 MAI 1960 ● P.S.U. ET NON-VIOLENCE ● Un certain nombre de dirigeants du P.S.U., rejoints par des militants,  ont participé à un rassemblement silencieux, organisé par le Comité d’Action Civique non-violente, le samedi 28 Mai devant le ministère de l’Intérieur. Ce rassemblement avait pour objectif la protestation populaire contre les mesures d’internement administratif dont « les suspects » algériens sont l’objet. Pierre Stibbe explique que ce n’est pas pour autant que le P.S.U. soit devenu partisan de la non-violence. Cette manifestation était pour le Parti Socialiste Unifié, un moyen de plus pour dénoncer en masse la guerre d’Algérie et ses conséquences.
Tribune Socialiste N° 4 , 4 Juin 1960

MAI 1960 ● RÉSOLUTION DU COMITÉ NATIONAL POLITIQUE DU P.S.U ● INTENSIFIER LA RÉSISTANCE À LA GUERRE D’ALGÉRIE ●  De Gaulle repousse la solution d’une négociation avec les combattants algériens pour l’indépendance de l’Algérie et la fin de la guerre. Le P.S.U. appelle à une mobilisation nationale des syndicats, des partis politiques et de toutes les forces populaires contre une guerre injuste et contraire à l’intérêt du pays. C’est ainsi qu’en Mai et Juin il organisera des réunions publiques, partout en France, pour dénoncer les profits scandaleux réalisés à l’occasion de la guerre d’Algérie et en expliciter les répercussions sur l’économie française.
Tribune Socialiste N°5, 7 Mai 1960

MAI 1960 ● CONGRÈS NATIONAL POUR LA NÉGOCIATION EN ALGÉRIE ● La résolution du dernier Comité Politique National du PSU a confirmé sa participation au Congrès national pour la négociation en Algérie le 12 juin 1960 à la Mutualité. Ce congrès portera sur des propositions d’actions communes, sur les négociations d’un cessez-le-feu et les garanties données à l’autodétermination. A ce congrès seront représentées toutes les organisations qui oeuvrent pour la paix : PSU, CGT, SNES, UNEF, Comité Audin, Mouvement de la Paix, associations non violentes etc…Appel aux différentes fédérations du PSU pour désigner leurs représentants parmi les militants les plus concernés par ces questions.
Tribune Socialiste N°6, 14 Mai 1960

MAI 1960 ● MOBILISATION INTER SYNDICALE CONTRE LE COLONIALISME ET POUR L’AUTODÉTERMINATION DE L’ALGÉRIE ● Le 30 mai 1960, l'U.N.E.F. et le Comité d'Entente groupant les associations d'étudiants des pays coloniaux ou anciennement colonisés, publient un communiqué annonçant leur intention de renouer leurs relations interrompues depuis 1956. Dans le même esprit, à Grenoble l’AGE organise une conférence de presse intersyndicale, en faveur de l’autodétermination et de la négociation pour la paix en Algérie et un meeting le 10 juin. A Nancy l’AGE participe aux côtés des organisations politiques et syndicales au « Cartel d’Action pour la Paix en Algérie ». A Paris, la Fédération des Groupes d’Études de Lettres, prévoit l’organisation d’une manifestation de masse.
(Extrait de la revue Analyses et Documents N°0, 6 juin 1960)

MAI 1960 ● DÉFENSE DE « DÉFENDRE » ● L’Ordonnance du 7 Octobre 1958 et le décret du 12 Février 1960 donnent la compétence judiciaire aux forces armées, instaurent des tribunaux militaires permanents et qualifient de crimes et délits de droit commun toute aide directe ou indirecte aux rebelles. Des exemples concrets de la juxtaposition inappropriée de deux mots antagonistes : justice et militaire. La peine de mort est souvent l’aboutissement d’une parodie de justice.
Tribune Socialiste N°8, 28 Mai 1960 - Voir aussi l'article ci-dessous : "Justice au garde à vous " in Tribune Socialiste N°5, 7 Mai 1960

MAI 1960 ● L’AFFAIRE DES HARKIS DU 13è ● LA POLICE MENACE POUR INTIMIDER LA GAUCHE ● Des « harkis », pro Algérie française, arrête et torture des algériens suspectés d’appartenir ou de soutenir le FLN. La police française laisse faire et fait taire les témoins qui s’insurgent contre de telles pratiques. Claude Bourdet, élu de l’Union de la gauche socialiste au Conseil de Paris, militant PSU et conseiller municipal du XIIIè arrondissement dénonce les pratiques du Préfet de Police, Maurice Papon.
Tribune Socialiste N°5, 7 Mai 1960 « Les policiers musulmans torturent-ils en plein Paris ? » - et "Justice au garde à vous"
Tribune Socialiste N°8, 28 Mai 1960

MAI 1960 ● À PROPOS DES CANTONALES ● UNE ÉTRANGE TRADITION ÉLECTORALE ● Le 29 Mai 1960, les algériens votent pour les élections cantonales. Ces élections sont considérées, par tous les observateurs, comme dépourvues d’intérêt car les électeurs n’ont pas le choix. Seule, une liste unique est proposée à leur ratification. Les listes sont fabriquées, au dernier moment, par l’armée. Cette pratique n’est pas nouvelle puisque depuis les élections de 1948, le statut de 1947 n’est pas appliqué et les élections sont toujours truquées au bénéfice des « protégés de l’administration ». Ceci pour éviter toute velléité d’une remise en cause du rattachement de l’Algérie à la Métropole. Il n'y a plus aucun rapport entre démocratie et institution électorale.
Tribune Socialiste N°8, 28 Mai 1960

JUIN 1960 ● L’ALGÉRIE ● <CHRONOLOGIE> ● Chronologie de 87 mois de guerre : de novembre 1954 au 22 Août 1960
Tribune Socialiste N°10, Numéro Spécial Algérie p.2
Tribune Socialiste N° 18, Septembre 1960

JUIN 1960 ● L’ALGÉRIE  ● NUMÉRO SPÉCIAL ● La proposition d’auto détermination ne peut aboutir car le gouvernement français refuse d’en discuter les modalités avec les porte-parole des combattants algériens – L’engrenage militaire en réponse à une situation politique bloquée par des résistances intérieures et un gouvernement de gauche qui n’a pas osé braver les privilèges (1936-1954) -  Opérations militaires vaines pour tenter de combattre les résistances des maquisards algériens – La guerre d’Algérie c’est aussi les tortures et une armée sans complexes.
Tribune Socialiste N°10, 11 juin 1960 : ▪ Éditorial signé Jean Verlhac« Il faut négocier » signé Pierre Stibbe ▪  « 1936-1954 : de l’absence de dialogue à l’explication par les armes » signé Jean Rous ▪  « La Gauche française face au problème algérien » signé A.Delcroix « La situation militaire » signé Roger Paret « L’armée…et ses complexes »« Djamila Boupacha, vingt ans… »,▪

JUIN 1960 ● L’ALGÉRIE  ● NUMÉRO SPÉCIAL ● Une guerre qui rapporte à certains mais engendre une stagnation de l’économie française – Le Plan de Constantine lancé en 1958 est une réussite économique pour les privilégiés de l’Algérie et un échec politique car les algériens ne sont en rien convaincus de l’apport de la France à leur pays –  Pour les algériens cette guerre est une révolte pour vivre dignement : c’est une insurrection contre le racisme. Pierre Belleville fait le point sur l’engagement des étudiants, des syndicats et des mouvements de jeunesse.
● Tribune Socialiste N°10, 11 juin 1960 : ▪ « Le Plan de Constantine » et « Ce que coûte la guerre » signé G.Ducaroy« Insurrection contre le racisme » signé Robert Misrahi ▪  « Les prises de position des étudiants, des syndicats, du G.E.R.O.J.E.P » signé Pierre Belleville

28 JUIN 1960 ● LA JOURNÉE DU 28 JUIN ● Le Centre National de Coordination pour la Paix en Algérie appelle à une journée d’action en faveur de la paix immédiate. Cette journée doit permettre d’exprimer l’immense volonté des Français d’en finir avec la guerre et d’imposer qu’une véritable négociation s’engage pour le cessez-le-feu et le droit à l’autodétermination du peuple algérien. Tribune Étudiante se fait l’écho des manifestations syndicales unitaires, organisées dans de nombreuses villes.
Tribune Socialiste N°12, 25 Juin 1960 « La Paix ? » éditorial signé Édouard Depreux
Tribune Étudiante N°12, 25 Juin 1960

6 OCTOBRE 1960  ● APPEL DE L’UNEF ● La rentrée d’Octobre voit monter le désarroi et la révolte des jeunes devant la poursuite de la guerre en Algérie. L’UNEF organise pour la fin du mois d’octobre une manifestation nationale pour rassembler tous ceux qui veulent la paix. Appel à l’opinion contre la répression vis-à-vis des jeunes qui choisissent l’insoumission et pour que s’ouvrent les négociations de paix.
Tribune Socialiste N° 22, 6 octobre 1960

OCTOBRE 1960 ● "TIRAILLADES" : PLUS DE 400 MORTS CETTE SEMAINE ● Un bilan qui montre la réalité du terrain malgré les proclamations rassurantes des Généraux. En France, et dans le monde, la politique algérienne de De Gaulle est de moins en moins soutenue. Une solidarité active s’organise autour des jeunes emprisonnés pour leur refus de la guerre. Les chefs nationalistes algériens se tournent vers le bloc de l’Est. Habid Bourguiba, Président de la République tunisienne, propose l’union de l’Algérie et de la Tunisie comme contribution à la paix. L’internationalisation du conflit est engagée et les négociations de paix sont urgentes.
Tribune Socialiste N°24, 22 Octobre 1960

27 OCTOBRE 1960 ● MANIFESTATION UNITAIRE CONTRE LA GUERRE D’ALGÉRIE ● Confrontée à une insoumission grandissante de la part des jeunes qui ne souhaitent pas payer pour une guerre dont ils ne veulent pas, l’UNEF remobilise les forces de gauche et met sur pied une manifestation nationale qu’elle souhaite unitaire.
Le Bureau National du PSU soutient cette initiative et souhaite l’unité d’action pour la paix en Algérie au-delà de la polémique des centrales syndicales.
Entre le 15 et le 25 octobre les discussions entre syndicats sont vives : la CGT et le PCF s’acharnent par tous les moyens à faire échouer la manifestation contre l’avis de leurs militants.
Tribune Socialiste N°24, 22 octobre 1960
Malgré les interdictions préfectorales, le matin du 27 Octobre la première manifestation de masse à Paris contre la guerre d’Algérie est confirmée.
Le PSU est le seul parti à soutenir pleinement la manifestation qui rassemble les militants de l’UNEF et des comités contre la guerre, la FEN, la CFTC et pour Paris, FO. Cette manifestation est marquée par des charges de police très violentes qui font de nombreux blessés. En province des manifestations sont aussi organisées avec le soutien du PSU.
Lire la Déclaration de Pierre Gaudez, Président de l’UNEF au nom des syndicats parisiens CFDT, FO et FEN
et celle de Robert Duvivier, Délégué Général de l’Union Régionale parisienne CFTC

NOVEMBRE 1960 ● UNEF ● ASSEMBLÉE GÉNÉRALE ● EXTRAITS DU RAPPORT DE LA COMMISION EXTÉRIEURE ● Le congrès de Lyon (en avril 1960) a voté une motion demandant des négociations avec le F.L.N sur les conditions d’un cessez-le-feu en Algérie ; il a appelé la direction à prendre toute les mesures susceptibles de favoriser la réconciliation des étudiants français et des étudiants algériens. Sur ces bases, en avril, le bureau Gaudez a repris les relations avec L’UGEMA, et signé un communiqué commun. L’assemblée générale de novembre 1960 fait le point sur ces initiatives, dans le cadre d’un examen plus général des stages culturels et techniques,  des relations de l’UNEF avec les étudiants et associations d’outre-mer, des problèmes des étudiants algériens en France.
UNEF- INFORMATIONS- Extraits du rapport de la Commission extérieure à l’Assemblée Générale de Novembre 1960 pp. 89-95

16-17 DÉCEMBRE 1960 ● CONFÉRENCE NATIONALE EXTRAORDINAIRE DES ÉTUDIANTS DU PSU ● A cette conférence, fondatrice des Étudiants Socialistes Unifiés, l’opposition des étudiants à la guerre d’Algérie est débattue, le PSU se positionne pour  l’établissement d’une République Algérienne indépendante et une motion en faveur de l’Algérie conclut la Conférence. Les E.S.U. appellent les étudiants communistes à une unité d'action en faveur de la fin de la guerre en Algérie.
Tribune Socialiste N° 34, 31 décembre 1960

DÉCEMBRE 1960 ● BORDEAUX ● GRÈVE DES ÉTUDIANTS ALGÉRIENS ● Les étudiants algériens de Bordeaux et de France ont décidé 4 jours de grève des cours pour protester contre les récents évènements d’Algérie. L’Association Générale des Étudiants de Bordeaux y voit une raison de souligner la position de l’UNEF qui a renoué le dialogue avec l’UGEMA (Union Générale des Etudiants Musulmans Algériens),  et réclame le droit à l’autodétermination du peuple algérien et la reprise des négociations avec le Gouvernement Provisoire de la République Algérienne (GPRA).
AGEB, Grève des étudiants Algériens, [décembre 1960]

FIN 1960-DÉBUT 1961 ● BORDEAUX ● ASSOCIATION GÉNÉRALE DES ÉTUDIANTS DE BORDEAUX ● COMPTE RENDU D’UNE RÉUNION DU COURANT MINO SUR L’INSOUMISSION ● JEAN-MARC BOUVIER ● Face à la question de l’insoumission, l’AG de Bordeaux retient la constitution de comité de Jeunes pour la Paix par la négociation, préférant ainsi se démarquer des comités préexistants de type antifasciste.
AGEB, Note manuscrite signée Jean-Marc Bouvier [fin 1960- début 1961]

DÉCEMBRE 1960 ● Á TOULOUSE : USINES ET FACULTÉS POUR LA PAIX NEGOCIÉE ● Les jeunes manifestent leur refus d’un enrôlement dans l’armée et souhaitent une paix négociée en Algérie. Expression d'une volonté, mais aussi préparation d’une action plus vaste où les ouvriers, les étudiants, les agriculteurs, les enseignants imposeront la paix, dans l'unité.
Tribune Socialiste N°30, 3 décembre 1960

29 – 30 DÉCEMBRE 1960 ● AU COLLOQUE D’AIX-EN-PROVENCE : TOUTE DÉCISION UNILATÉRALE EST INCOMPATIBLE AVEC L’AUTODÉTERMINATION ET RETARDE LE RÉTABLISSEMENT DE LA PAIX ● L’Association pour la sauvegarde des Institutions judiciaires et la défense des libertés individuelles, à l’initiative du Bâtonnier René William Thorp a réuni après un colloque à Royaumont de nombreuses personnalités politiques, de la magistrature, de l’université et des syndicats pour s’interroger sur les modalités de la négociation pour la paix en Algérie. La motion finale affirme que la toute décision préliminaire à l’autodétermination doit découler d’une négociation et résulter d’un accord bilatéral. Les exigences préliminaires du gouvernement français n’ouvrent pas la négociation. Appel pour une mobilisation et une pression forte de l’opinion pour un véritable dialogue avec toutes les composantes politiques de l’Algérie.
Tribune Socialiste N° 35, 7 Janvier 1961

HAUT DE LA PAGE

1961

JANVIER 1961● POURQUOI LA GUERRE D’ALGÉRIE ● TRACT
Appel à la manifestation du 11 février dans les rues de Paris par les Etudiants du Parti Socialiste Unifié et des Jeunes Socialistes Unifiés.
Voir le tract

8 JANVIER 1961 ●[REFÉRENDUM EN FRANCE ET EN ALGÉRIE VISANT A STATUER SUR LA POLITIQUE D’AUTODÉTERMINATION] ● EN ALGÉRIE ● APRÈS LE MOT D’ORDRE F.L.N. 40,2% D’ABSTENTIONS ! ● Le scrutin est organisé sur trois jours en Algérie pour permettre à l’armée d’assurer la sécurité, la régularité des opérations électorales et le transport des électeurs du bled vers les centres de vote. Des morts sont à déplorer dans certaines provinces et de grandes manifestations contre la politique de De Gaulle sont organisées par le F.L.N. Le fait dominant de ce référendum c’est l’abstention de 40,2% pour l’ensemble du territoire. La victoire du "oui " est due aux habitants du bled forcés à voter par l’armée ou l’administration.
Tribune Socialiste N°36, 14 Janvier 1961lire également l’édito signé Édouard Depreux "Les grandes manœuvres plébiscitaires sont terminées "

JANVIER 1961 ● NÉGOCIATION AVEC LE G.P.R.A ● Le vote de l’ONU en décembre, où 63 nations ont voté la reconnaissance du droit de l’Algérie à l’indépendance et à l’intégrité de son territoire, les manifestations du 11 décembre, le référendum du 8 janvier renforcent l’autorité du gouvernement provisoire algérien et mettent en pièces la politique gaulliste de l’Algérie. Malgré tout rien ne permet de penser que De Gaulle renoncera aux conditions posées pour l’ouverture des négociations. Le P.S.U. appelle à la cohésion et à l’action commune pour imposer la négociation immédiate avec le G.P.R.A.
Tribune Socialiste N°37, 21 Janvier 1961 signé Jean Verlhac

18 - 19 JANVIER 1961 ● BORDEAUX● LETTRE DE L’ASSOCIATION GÉNERALE DES ÉTUDIANTS DE BORDEAUX AU VICE-PRÉSIDENT EXTÉRIEUR DE L’UNEF PARIS ● La lettre fait état de l’action menée par l’AG de Bordeaux avec les syndicats enseignants et le mouvement des étudiants algériens. Il est envisagé une manifestation et une campagne d’information pour protester contre les arrestations des étudiants algériens,  les menaces de l’OAS contre les professeurs de Sciences et  Lettres et le pourrissement général de la situation politique.
lettre du 18 janvier 1961 signée M.Belin
lettre du 19 janvier 1961 à propos du plasticage du siège de la Fédération du Parti communiste Français [non signée]

FÉVRIER 1961 ● LA PLACE DES EUROPÉENS DANS L’ALGÉRIE INDÉPENDANTE ● L’ÉTUDE DU CLUB JEAN MOULIN ● Réflexions et études  pour organiser dans des conditions constructives la place des français en Algérie et leur réintégration en France si tel est leur choix. Le Plan Constantine est un échec total car il a été construit dans un esprit d’économie capitaliste et n’a pas tenu compte des besoins de l’Algérie. L’Algérie indépendante ne vivra qu’au prix de réformes fondamentales qui seront socialistes et non fondées sur un capitalisme forcené. Ces transformations nécessiteront beaucoup de poste de cadres et de techniciens et c’est la chance des français d’Algérie à condition que se développe un nouvel état d’esprit qui tienne compte des besoins d’un pays à construire.
 ● Tribune Socialiste N° 39, 4 Février 1961

FÉVRIER 1961 ● LE REFUS DE LA GUERRE ● Les jeunes étudiants ou travailleurs enrôlés dans l’armée pour la guerre en Algérie désertent, sont emprisonnés et militent pour la paix. Le PSU soutient ce refus public de la guerre et estime que c'est là un moyen pour faire progresser la prise de conscience collective de l’inanité de la guerre.
Tribune Socialiste N°40, 14 Février 1961

11 FÉVRIER 1961 ● MANIFESTATION À L'APPEL DES ÉTUDIANTS E.S.U POUR LA PAIX IMMÉDIATE ● Les jeunes et les étudiants ont manifesté pour la négociation entre Ferhat Abbas, leader nationaliste, fondateur du manifeste algérien, membre du FLN , Premier Président du Gouvernement Provisoire de la République Algérienne de 1958 à 1961 et De Gaulle . Dans le même esprit que Ferhat Abbas les jeunes et les étudiants réclament une solution négociée et rejetent la guerre.
Tribune Socialiste N°41, 18 Février 1961

FÉVRIER 1961 ● LE PROCÈS DES BARRICADES : LA CASBAH ENVAHIT LE PRÉTOIRE ● MARS 1961 ● UN JUGEMENT DE SALOMON ● Le procès comme le verdict prononcé au jugement des militaires responsables du soulèvement des généraux du 24 Janvier au 1er Février 1960 appelé « barricades d’Alger » est une mascarade politique que dénonce le P.S.U. et qui choque le peuple algérien car des milliers d'algériens sont en train de mourir dans les prisons pour avoir combattu pour la paix.
Tribune Socialiste N°42, 25 Février 1961 signé G.Suffert
Tribune Socialiste N°44, 11 Mars 1961

MARS 1961 ● GRENOBLE ● COLLOQUE DE L’ASSOCIATION POUR LA SAUVEGARDE DES INSTITUTIONS JUDICAIRES ET LA DÉFENSE DES LIBERTÉS INDIVIDUELLES ● CHARTRE DE L’AUTODÉTERMINATION ● En organisant à Royaumont, puis à Aix-en-Provence et aujourd’hui à Grenoble des Colloques juridiques largement ouvert à tous les représentants des activités spirituelles, politiques ou syndicales, l’Association présidée par le Bâtonnier Thorp a voulu définir sur le plan du droit les bases juridiques permettant le rétablissement de la paix en Algérie par une application rapide et loyale de l’autodétermination. Le colloque confirme les résolutions des autres colloques sur les garanties des libertés individuelles notamment en ce qui concerne les saisies de journaux, l’internement administratif, les procédures pénales exceptionnelles et les atteintes à l’intégrité corporelle des prévenus.
Tribune Socialiste N°44, 11 Mars 1961 Lire aussi l'Edito de Gilles Martinet

MARS 1961 ● DEUX JEUNES ARRÊTÉS À MARSEILLE POUR LEUR REFUS DE LA GUERRE D’ALGÉRIE ● Paul Grosz et Victor Savary, militants du P.S.U. sont arrêtés à Marseille suite à une lettre adressée au Président de la République pour lui faire connaître leur refus de participer à la guerre d’Algérie.
Tribune Socialiste N°44, 11 Mars 1961

25-27 MARS 1961 ● CAEN ● 50ème CONGRÈS DE L’UNEF ● Lire à la rubrique ESU/UNEF, la motion Algérie et le message de l’U.G.E.M.A. aux congressistes

31 MARS 1961 ● LES SABOTEURS DE LA PAIX ● L’assassinat de Camille Blanc, Maire d’Evian est le dernier crime de l’O.A.S . L’assassinat est devenu une méthode politique qui est pratiquement impunie si ce n’est par des condamnations symboliques et donc encouragée. Un vrai travail d’assainissement de la vie politique française devrait être fait car les plastiqueurs effectifs ne sont que le bras armé des ultras qui refusent la négociation et la paix. Appel pour une riposte populaire pour imposer la paix et réduire les plastiqueurs et leurs commanditaires au silence.
Tribune Socialiste N°49, 15 avril 1961

AVRIL 1961● UN PILORI POUR LES ENNEMIS DE LA PAIX ● LA CONFÉRENCE DE PRESSE DE PIERRE MENDÈS-FRANCE ● Alors que des négociations devaient avoir lieu à Evian le 7 avril, et qu’on pouvait espérer une avancée vers la paix, le G.P.R.A. annonce qu’il ne sera pas présent suite au discours maladroit de M.Joxe. Les prises de position du gouvernement français et son manque de transparence sur ses intentions, comme le ton hautain de De Gaulle agacent les algériens. Cependant, toutes les reculades successives du gouvernement français ont réussi à persuader davantage de Français de l'urgence de la négociation. Pierre Mendès-France insiste pour que les forces de la paix intensifient la pression pour que s’ouvrent rapidement de vraies négociations pour l’autodétermination et le respect de l’intégrité du territoire algérien, Le G.P.R.A, reste le seul interlocuteur possible.
Tribune Socialiste N°48, 8 Avril 1961 "Un pilori pour les ennemis de la paix", signé Claude Bourdet"Conférence de presse de Pierre Mendès-France"
Tribune Socialiste N°49, 15 Avril 1961 Edito signé Robert Verdier

13 AVRIL 1961 ● COMMUNIQUÉ DU BUREAU NATIONAL DU P.S.U ● Constat est fait avec satisfaction que le Général de Gaulle accepte désormais la thèse d’une Algérie indépendante et souveraine, ce qui constitue une victoire pour le peuple algérien et tous ceux qui se sont battus pour la paix. Cependant le Bureau insiste pour que la lutte unitaire de toutes les organisations s’accentue pour exiger l’ouverture immédiate de négociation préalable avec le G.P.R.A et la reconnaissance du principe d’indépendance sur tout le territoire de l’Algérie
Tribune Socialiste N° 50, 22 Avril 1961

11 AVRIL 1961 ● VAINES MENACES ● Voyages en province et conférence de presse du Général le 11 Avril, soulignent l’évolution de l’attitude de De Gaulle qui accepte enfin l’indépendance de l’Algérie. Cependant cette indépendance est proposée sous la forme d’une association et non d’une réelle indépendance. Le gouvernement français exerce un chantage odieux avant toute négociation, sans oublier que la question de l’occupation du Sahara reste pour lui, une question non discutable. Des déclarations inadmissibles qui renforcent l’opposition du G.P.R.A. et du F.L.N. Des astuces et périphrases qui ne témoignent pas d'un grand courage moral et qui s’inscrivent en porte à faux avec le grand mouvement de décolonisation mondial
Tribune Socialiste N°50, 22 avril 1961

22-23-24 AVRIL 1961 ●[ PUTSCH DES GÉNÉRAUX DENOMMÉ "PUTSCH D'ALGER"] ● L’EXEMPLE EST VENU D’EN HAUT ● LE DOSSIER DE LA TRAHISON ● Ceux qui ont vécu de près et heure par heure les évènements des 22, 23 et 24 Avril 1961 ont éprouvé le sentiment de revivre la période du 13 mai au 1er Juin 1958. Charles Lussy établit le parallèle.
Tribune Socialiste N° 51, 29 Avril 1961 signé Charles Lussy –● "L’armée dans la Nation"● Itinéraire des Généraux félons

24 AVRIL 1961● LE PEUPLE A PRIS LA BARRE : PREMIÈRE LECON D’UNE GRÈVE RÉUSSIE ● La tentative de putsch d’avril 1961 a déclenché une grève très suivie dans toute la France. Il n’a fallu que 24 heures pour obtenir un mot d’ordre de grève unique, la nécessité de l’unité est apparue devant la grave menace à l’encontre de la République. L’ampleur des cortèges et de la mobilisation est sans commune mesure avec celles que provoquèrent les coups de force précédents (13 Mai 1958 et 24 janvier 1960). Tous ont répondu à l’appel des organisations démocratiques, politiques et syndicales et se sont retrouvés pour manifester leur volonté de résister sans faiblesse au putsch militaire et dénoncer la faiblesse et la complaisance coupables du Pouvoir.
Tribune Socialiste N°51, 29 Avril 1961

AVRIL 1961 ● APRÈS LA MUTINERIE DES GÉNÉRAUX ● DE LA Vème … À LA DICTATURE ● Le putsch des généraux les 21-22 avril 1961 est une tentative de coup d’état fomentée par des militaires de carrière de l’armée française contre la politique de De Gaulle qu’ils considèrent comme un abandon de l’Algérie française. En réponse à cette mutinerie des généraux, le Général de Gaulle met en application dès le lendemain de la mutinerie, l’article 16 de la constitution qui lui donne tous les pouvoirs : exécutif et législatif. À la faveur de la mutinerie, un régime dictatorial s’instaure.
Tribune Socialiste N° 52, 6 Mai 1961 signé Oreste Rosenfeld

AVRIL 1961 ● SOUTENIR LE CONTINGENT ● Contrairement à ce qu’on voudrait faire croire, l’armée n’est pas unitaire et si le complot des 22 et 22 avril 1961 a échoué c’est bien grâce à l’attitude des hommes du contingent qui n’ont pas voulu suivre les ordres des généraux putschistes. Le P.S.U dans un communiqué du Bureau National rappelle que tout "appelé" à droit de désobéir à un ordre manifestement illégal et met en garde l’opinion contre toute tentative de faire payer aux jeunes leur courage et leur patriotisme. Le Bureau National réclame le droit à l’information contre une armée réactionnaire.
Tribune Socialiste N°52, 6 Mai 1961Tribune Socialiste N°53, 13 Mai 1961

19 MAI 1961 ● LE TERRORISME ET LA PAIX ● Après l’attentat contre France-Observateur, appel de Fédération de Paris, Seine-Banlieue et Seine et Oise du P.S.U pour une manifestation en faveur de la Paix et contre les plasticages et les attentats. La paix ne peut se faire dans les conditions imposées par De Gaulle. Ce dernier accepte une souveraineté algérienne mais limitée par un statut organique des communautés, la sauvegarde des privilèges économiques et l'existence de bases militaires. Ceci est inacceptable pour les algériens qui iront à Evian sans espoir de négociations vraies. La manifestation est interdite, prises de position contre cette interdiction par Jean-Paul Sartre, Jean Schaeffer, la F.E.N., Georges Rino et Emmanuel D'Estier
Tribune Socialiste N° 54, 20 Mai 1961
Tribune Socialiste N°55, 27 Mai 1961 "Les plastiqueurs fascistes en liberté : le pouvoir se tait et bâillonne la résistance populaire"

MAI 1961 ● C’EST UNE VRAIE JUSTICE QU’IL AURAIT FALLU ● De Gaulle, pour juger les généraux putschiste crée le Haut-Tribunal composé de militaires et de magistrats désignés par l’exécutif  comme avait été mis en place la Haute cour de Riom pour juger Pétain. Même si les généraux factieux sont lourdement condamnés, les républicains ne pourront se féliciter du verdict, car la Justice qu'on leur aura réservée n'aura été ni régulière ni complète.
Tribune Socialiste N° 55, 27 Mai 1961

MAI 1961 ● DANS LA PERSPECTIVE D’UNE ALGÉRIE INDÉPENDANTE ● Les négociations pour la paix vont débuter à Evian. Le gouvernement français a fait connaître qu’il avait décidé la libération prochaine de 6000 détenus, le transfert de Ben Bella et de ses compagnons et une trêve d’un mois. L’Algérie sera indépendante mais la négociation pour la paix reste fragile et difficile.
Tribune Socialiste N°55, 27 Mai 1961

24 – 25 JUIN 1961 ● LILLE ● COLLOQUE DE L’ASSOCIATION POUR LA SAUVEGARDE DES INSTITUTIONS JUDICAIRES ET LA DÉFENSE DES LIBERTÉS INDIVIDUELLES ● Ce colloque a rassemblé des juristes, des magistrats, des professeurs, des avocats et des militants syndicalistes et politiques du parti radical, de l’U.D.T, du M.R.P, de l’UNEF et du  P.S.U,  pour étudier en commun les moyens de défendre les libertés démocratiques et mettre fin à la guerre d’Algérie. Ils ont dénoncé la montée du fascisme en France et la privation des libertés individuelles et syndicales. La grande majorité des membres du colloque ont réclamé le droit à l’autodétermination pour l’ensemble du territoire algérien comprenant le Sahara algérien, sans partage.
Tribune Socialiste N°60, 1er Juillet 1961

JUILLET 1961 ● LA PRISON DE FRESNES PAR LA GRAND’PORTE ● C’EST PAR LA TÊTE QUE POURRIT LE POISSON ● Les officiers putschiste passibles de lourdes peines dans tout régime normal s’évadent avec une voiture officielle de la prison de Fresnes. La complicité du gouvernement Debré ne trompe personne.
Tribune Socialiste N°60, 1er Juillet 1961signé Bertrand Renaudot

12 JUILLET 1961 ● FRANÇAIS ET ALGÉRIENS DE NOUVEAU FACE À FACE ● Dans son discours du 12 juillet 1961, De Gaulle annonce la reprise des négociations entre l’Algérie et la France. L’annonce du partage de l’Algérie a jeté de l’huile sur le feu et mobilisé les solidarités marocaines et tunisiennes sur la redéfinition des frontières. Mais Bourguiba, jusque là allié du gouvernement français, se désolidarise et lance la double opération de « Bizerte » (contre le gouvernement français) et de la « borne 233 » (contre les algériens). Toutes ces divergences ne présagent pas une négociation fructueuse pour la paix.
Tribune Socialiste N° 60, 1er Juillet 1961et Tribune Socialiste N° 64, 29 juillet 1961 deux articles signés Gilles Martinet

JUILLET 1961 ● MENACES ET CHANTAGES : DE GAULLE CHOISIT LA GUERRE ● De Gaulle, avant toute négociation avec le Gouvernement provisoire algérien propose, à l’Algérie indépendante mais coupée du Sahara, une association avec la France. Loin d’engager le processus de paix, ces déclarations cristallisent les tensions et risquent l’internationalisation du conflit. La grève à Orsay de l’ensemble du personnel de la Faculté des Sciences, à la suite de la mort d’un technicien de la faculté au cours de son service militaire, l’arrestation de deux membres du P.S.U à Marseille et la saisie d’un ouvrage publié aux éditions Robert Morel montrent que la répression et la guerre se poursuivent malgré tous les discours et déclarations contraires.
Tribune Socialiste N°61, 8 juillet 1961 signé Robert Verdier et "Echec au partage "Tribune Socialiste N°62, 15 juillet 1961 signé Claude Bourdet

6 JUILLET 1961 ● COMMUNIQUE DU P.S.U. ● La journée du 5 juillet a été marquée par une répression brutale en Algérie. Le gouvernement français après avoir accepté le principe de l’autodétermination tente par tous les moyens de la retarder. Le partage de l’Algérie ne peut avoir qu’une conséquence désastreuse et renforce les déterminations du FLN et le renforcement de la solidarité entre le nationalisme algérien et les autres nations africaines. Le Bureau National du P.S.U appelle l’opinion à manifester par tous les moyens pour imposer une vraie négociation pour la fin de la guerre.
Tribune Socialiste N° 62, 15 Juillet 1961

12 – 20 AOÛT 1961● OÚ EN EST L’UNION GÉNÉRALE DES TRAVAILLEURS ALGÉRIENS ? ● INTERVIEW DE M.DEKKAR, SECRÉTAIRE DE L’U.G.T.A ● L'U.G.T.A. organise un séminaire de formation sur la réforme agraire en Algérie dont le but est de comparer celle-ci avec ce qui se fait en Chine, à Cuba ou dans d'autres syndicats agricoles. Dekkar, Secrétaire de l’U.G.T.A, explique dans son interview que le travail de formation et de recherche doit aller de pair avec un effort de concrétisation des réflexions syndicales pour le combat qui permettra de supprimer les structures héritées du colonialisme.
Tribune Socialiste N°71, 14 Octobre 1961

SEPTEMBRE 1961 ● LES MULTIPLES INTERROGATIONS À PROPOS D’UN REMANIEMENT ● Le remplacement de Ferhat Abbas par Youssef ben Khedda à la tête de l’exécutif du Gouvernement provisoire de la République Algérienne (G.P.R.A.) est interprété par certains comme de bon augure pour les négociations à venir. D’autres soulignent que dépassant la lutte pour l’indépendance, ce sont les questions de l’Algérie future et des réformes à réaliser qui expliquent ce changement.
Tribune Socialiste N° 65, 2 septembre 1961 signé Jacques Pomonti

SEPTEMBRE 1961 ● LA PAIX… OU LE CHAOS ● La reconnaissance par De Gaulle de la souveraineté algérienne sur le Sahara est un nouveau revirement après l’échec des négociations d’Evian et de Lugrin. Pour Ben Khedda, nouveau président du G.P.R.A, la reprise des négociations pour la paix est possible. Un communiqué du Bureau National du P.S.U insiste pour l’ouverture rapide des négociations car en Algérie les désordres se multiplient, des incidents éclatent de plus en plus entre soldats du contingent et les ultras et les heurts entre les deux communautés deviennent de plus en plus fréquents. Les soldats sont prêts à désobéir face à l’imminence d’un nouveau coup d’état. Il appelle à manifester pour un accord immédiat pour la paix avant un chaos inévitable.
Tribune Socialiste N°68, 23 septembre 1961 signé Robert Verdier  

29 SEPTEMBRE 1961 ● L’APPEL DE PIERRE MENDÈS-FRANCE : "IL NOUS FAUT DEVANCER LA GUERRE CIVILE" ●  Extraits de la conférence de presse donnée par Pierre Mendès-France à la salle des Ingénieurs civils. Rejoignant l’appel du Bureau National du P.S.U. il appelle l’opinion à réagir contre un régime parlementaire qui n’existe plus, contre le pouvoir personnel et contre une guerre qui dresse les communautés les unes contre les autres. Il affirme que "si l’on sait que l’indépendance de l’Algérie finira par aboutir", il est toutefois urgent d’envisager le renouveau politique et un renouveau des structures politiques et sociales. Il invite toutes les forces politiques et syndicales à s’unir pour la négociation et la réflexion.
Tribune Socialiste N° 69, 30 Septembre 1961
Déclaration du Bureau National du P.S.U du 21 septembre 1961 in Tribune Socialiste N°69, 30 septembre 1961

30 SEPTEMBRE – 1er OCTOBRE 1961 ● RÉSOLUTION ADOPTÉE PAR LE COMITÉ POLITIQUE NATIONAL ( P.S.U.) ● La politique contradictoire suivie par le Général De Gaulle a entraîné une situation explosive en Algérie. Le fascisme militaire de l’O.A.S. tend peu à peu à substituer son autorité à celle du Gouvernement central. Devant une telle situation le P.S.U. appelle à la mobilisation populaire contre le fascisme, pour le renversement du régime et la constitution d’un front socialiste. Il invite les organisations politiques et syndicales à tout mettre en œuvre pour la résistance anti-fasciste et l’organisation de meetings, colloques et manifestations de masse. Appels unitaires pour l’autodéfense anti O.A.S. dans l’Hérault, à St Etienne et à Montpellier.
Tribune Socialiste N° 70, 7 Octobre 1961

17 OCTOBRE 1961 ● 25 000 ALGÉRIENS MANIFESTENT À PARIS ● Le 5 octobre 1961, le Préfet de police, Maurice Papon, impose le couvre-feu à tous les algériens de Paris et de sa région. Pour protester contre les mesures discriminatoires et racistes prises par le ministère de l'Intérieur, plus de vingt-cinq mille Algériens occupent pacifiquement et en famille, à l’appel du F.L.N., durant trois heures, le centre de Paris, le 17 octobre. La répression policière s’intensifie. Des algériens sont matraqués puis entassés dans des bus de la RATP et internés dans les stades parisiens et les commissariats pour être expulsés vers l’Algérie. Beaucoup d'algériens arrêtés cette nuit là ont « disparus » et d’autres jetés à la Seine s’en sont parfois sortis et sont restés cachés. Depuis plusieurs mois la police française et les partisans de l’Algérie française massacrent les algériens de France dans les rues, les cafés ou les hôtels. Un communiqué de l’A.G.T.A. en donne quelques exemples nominatifs reproduits dans cet article de Tribune Socialiste.
Tribune Socialiste N°71, 14 Octobre 1961 « Odieuses mesures policières et racistes »
Tribune Socialiste N°72, 21 octobre 1961

OCTOBRE 1961 ● LE GÉNÉRAL DE BOLLARDIÈRE RAYÉ DE L’ARMÉE ● LETTRE OUVERTE DU COMITE AUDIN A L’EX GÉNÉRAL SALAN ● Deux comportements militaires différents : le Général Jacques Paris de Bollardière quitte volontairement l’armée qu’il estime déshonorante pour tous. L’ex-Général Salan, chef de l’O.A.S. a organisé la torture, il est épargné par la justice. Tout un symbole et la traduction de l'attitude du gouvernement De Gaulle, Debré, U.N.R., Massu.
Tribune Socialiste N°70, 7 Octobre 1961
Tribune Socialiste N°71, 14 0ctobre 1961

1er NOVEMBRE 1961 ● DÉCLARATION DE L’UNION GÉNÉRALE DES ÉTUDIANTS MUSULMANS ALGÉRIENS ET DES ÉTUDIANTS DU PARTI SOCIALISTE UNIFIÉ ● La guerre d’Algérie dure depuis 7 ans et ce 8ème anniversaire est encore plus dramatique que les précédents : la haine raciale se déchaîne en Algérie et en France, la terreur policière réprime les manifestations faisant de nombreux morts telle celle du 17 Octobre 1961 organisée par le Front de Libération Nationale Algérien (FLN) en faveur de l’indépendance. Les étudiants appellent à manifester la solidarité des jeunesses françaises et Algériennes compte tenu de la convergence de leurs luttes. Les étudiants ESU de la Section Sorbonne soutiennent les prisonniers algériens qui réclament un statut de prisonniers politiques et appellent à une souscription en faveur des familles des détenus.
Lire la déclaration de L’UGEMA et des ESU-Section Sorbonne, le 1er Novembre 1961
Tribune Socialiste N°74, 4 Novembre 1961
« Appel simultané à la riposte des travailleurs : C.G.T, C.F.T.C. et U.N.E.F ». – Tribune Socialiste N°74, 4 Novembre 1961

OCTOBRE - NOVEMBRE 1961 ● « L’IRRUPTION DES MASSES » ● LES MANIFESTATIONS D’OCTOBRE ET NOVEMBRE 1961 ● MARC HEURGON
Lire le texte à la rubrique International/Regards d'Aujourd'hui

3 DÉCEMBRE 1961 ● COMMUNIQUÉ DU COMITÉ POLITIQUE NATIONAL (PSU) ● La guerre d’Algérie est parvenue à un tournant décisif compte tenu d’un accord imminent entre le gouvernement français et le G.P.R.A.. Cependant cet accord risque, une fois de plus, d’être mis en péril par la pression forte qu’exerce l’O.A.S. sur la politique gouvernementale. La lutte pour la paix devient inséparable du combat anti fasciste. Ce communiqué du 3 décembre, plus précis que celui du 3 Octobre de la même année appelle à la mobilisation de tous pour éviter la fascisation du régime et cible concrètement la lutte. Il propose la dénonciation des complaisances dont disposent l’O.A.S., de désavouer publiquement leurs activités et d’organiser une riposte à l’échelon national par une action de masse pour une alternative au régime.
Tribune Socialiste N°79, 9 Décembre 1961

7 DÉCEMBRE 1961 ● BORDEAUX ● CORPORATION DES ÉTUDIANTS EN SCIENCES ● Le comité de la corpo dénonce le climat délétère de la France causé par l’attitude des pouvoirs publics face aux plastiquages et assassinats organisés par l’OAS, et toutes les atteintes aux libertés. Il demande l’instauration d’un dialogue entre les gouvernements et la reconnaissance de l’indépendance de l'Algérie. Il incite les étudiants à participer à toutes les actions unitaires, en particulier celle prévue le 15 décembre, pour imposer au Gouvernement des négociations directes.
[21décembre1961, motion de la corporation des étudiants en Sciences]

15 DÉCEMBRE 1961 ● MANIFESTATIONS À CLERMONT-FERRAND ET À BORDEAUX ● À l’appel de nombreuses organisations syndicales et politiques, de grandes manifestations contre les agissements de l’O.A.S. ont lieu en province. Édouard Depreux adresse une lettre au secrétaire général du Parti Communiste pour la constitution d’un large front de lutte pour la paix en Algérie, contre le fascisme et contre le régime gaulliste.
Tribune Socialiste N°81, 23 Décembre 1961

DÉCEMBRE 1961 ● LE VRAI CONFLIT ● Il semble qu’en France, les préoccupations autour de la guerre d’Algérie et les négociations pour la paix aient cédé la place aux manœuvres de l’extrême droite pour contrecarrer la politique gouvernementale. Tout se passe comme si l’O.A.S. cherchait à se poser en interlocuteur. Elle ne rencontre en tous les cas que peu d’opposition pour organiser la lutte sur le terrain : émissions radiophoniques et télévisées et trouve même le soutien de nombreux parlementaires qui se sont ralliés à sa cause. Face au vide politique, le risque est grand d’une guerre intérieure entre cette force et ceux qui oeuvrent pour la paix et le renouveau des structures démocratiques en France.
Tribune Socialiste N°79, 9 Décembre 1961 signé Jacques Tollivier

DÉCEMBRE 1961 ● LES REPROCHES DES SYNDICALISTES ALGÉRIENS À LA GAUCHE FRANÇAISE ● Maurice Combes analyse les propos des syndicalistes algériens publiés par Jean Cau dans l’Express. Les critiques vis-à-vis de la C.G.T., du PC français, de F.O, de la S.F.I.O et même de la C.F.T.C. sont dures mais justes. L’U.G.T.A. reproche à la gauche française son manque d’engagement actif et ses déclarations théoriques. Elle souhaiterait un engagement unitaire, comme le P.S.U. et l’UNEF l’ont maintes fois réclamé. Ces faits illustrent naturellement la grande misère de la gauche française paralysée par ses divisions. Cependant au-delà des communiqués, il faut désormais user de tous les moyens propres à développer une pression populaire capable d'imposer la paix.
Tribune Socialiste N°79, 9 Décembre 1961

DÉCEMBRE 1961 ● LE TEMPS DES ASSASSINS ● Contre les plasticages, les tortures et les disparitions il est nécessaire d’organiser l’action antifasciste. C’est pourquoi, les comités anti-fascistes universitaires ont décidé lundi dernier la constitution d’une Ligue pour le Rassemblement anti-fasciste. Ainsi ils pourront organiser les militants et les sympathisants en groupe d’autodéfense pour faire reculer la grande peur de l’O.A.S.
Tribune Socialiste N°79, 9 Décembre 1961 signé Jean Poperen

6-7 DÉCEMBRE 1961 ● ACTIONS COMMUNES ● Les 6 et 7 décembre d’importantes manifestations ont été organisées à Lyon, à Périgueux, à Nancy, au Mans, à Sens, à Chambéry au Centre Renault de Rueil. Les appels unitaires de nombreuses organisations dont la C.G.T., la F.E.N., l’U.N.E.F. et le P.S.U. sont une réponse aux plasticages et aux agissements de l’O.A.S. Le P.S.U. appelle à une grande manifestation nationale unitaire le 19 décembre à Paris.
Tribune Socialiste N°80, 16 Décembre 1961

DÉCEMBRE 1961 ● EN RAISON DE L’ACTIVITÉ CRIMINELLE DE L’O.A.S.,.IL FAUT RECONNAÎTRE DÈS MAINTENANT L’INDÉPENDANCE DE L’ALGÉRIE ● Des négociations pour l’indépendance de l’Algérie sont sans doute en cours mais tant que le gouvernement français n’acceptera pas de négocier avec le gouvernement provisoire algérien et le F.L.N, qu’il aura des discours contradictoires, et qu’il n’acceptera l’indépendance qu’avec des réserves, la guerre se poursuivra et s’intensifiera.
Tribune Socialiste N°80, 16 Décembre 1961 signé Oreste Rosenfeld

19 DÉCEMBRE 1961 ● À L’INITIATIVE DE L’UNEF ET DU PSU APPEL DE TOUS LES SYNDICATS POUR UNE MANIFESTATION UNITAIRE POUR LA PAIX – CONTRE L’OAS ● Contre l’OAS et pour la paix négociée en Algérie, les syndicats CFDT, CGT, FEN, CFTC, SGEN et SNES SUP aux côtés de l’UNEF et du PSU appellent à une manifestation à Paris ou à des arrêts de travail. En dernière page, Gilles Martinet signe un article intitulé : " Comment l'OAS sera vaincue". Jean Verlhac appelle à une large unité d’action concrète contre les actions terroristes et à une riposte unitaire massive. Jean-Marie Vincent définit l’OAS et ses buts.
Tribune Socialiste Édition spéciale – Fédération de Paris, 19 décembre 1961
Tribune Socialiste N°80, 16 Décembre 1961 signé Jean Verlhac
Tribune Socialiste N°81, 23 Décembre 1961 signé Jean-Marie Vincent
Tribune Socialiste N°81, 23 Décembre 1961 « Ratonnades bis, à Paris »

Lire aussi Tribune Socialiste N°82, 30 décembre 1961 : "Les leçons du 19 Décembre" signé Jean Verlhac et le bilan de la mobilisation en province

21 DÉCEMBRE 1961 ● SANS RÉPONSE ? ● Publication dans Tribune Socialiste de la lettre de la Fédération Nationale du Syndicat de Police adressée au Président de la République. La Fédération informe qu’elle approuve la journée de manifestation nationale du 19 décembre contre l’O.A.S. et pour la paix en Algérie. Elle dénonce la gravité des faits et l’attitude de la police dont elle a été témoin et oppose cette manifestation à celle de la place de l’Étoile, en faveur de l’Algérie Française qui a pu se dérouler dans le calme. Édouard Depreux répond à la Fédération le 26 Décembre et remercie la fédération. Il salue l’attitude courageuse de ces policiers républicains
Tribune Socialiste N° 82, 30 Décembre 1961

DÉCEMBRE 1961 ● Á PARIS COMME Á ALGER LE RÉGIME GAULLISTE OUVRE LA VOIE AU FASCISME ● Les restrictions de plus en plus sévères de la liberté individuelle, de la liberté d’opinion et d’organisation, le mépris des règles de justice et la multiplication des tribunaux d’exception, les arrestations arbitraires, les camps d’internement, les attentats… tout cela se passe en Algérie mais aussi en France. Par sa politique du pire, le gouvernement encourage les ultras comme on a pu le voir à la manifestation du 19 décembre. Les républicains doivent réagir face à cette montée du fascisme.
Tribune Socialiste N°82, 30 Décembre 1961 signé Pierre Luquet

21 DÉCEMBRE 1961 ● BORDEAUX ● COMITÉ DE L’ASSOCIATION GÉNÉRALE DES ÉTUDIANTS DE BORDEAUX ●  Le comité s’élève contre les violences policières à l’issue de la manifestation des mouvements de jeunesse du vendredi 16 décembre 1961 et considère que cette situation souligne la complicité des pouvoirs publics avec l’OAS.
[21décembre1961, motion du comité de l’AGEB ]
Devant le succès des manifestations pour la Paix en Algérie à Paris et en province le comité demande au Bureau de l’AGB de prévoir un plan d’information en direction des étudiants et un plan d’action pour la paix en Algérie par des négociations avec le Gouvernement provisoire en association avec les mouvements de jeunesse et les syndicats.
[21décembre_1961, motion du comité de l’AGEB ]

HAUT DE LA PAGE

1962

15 JANVIER 1962 ● BORDEAUX ● LETTRE DU VICE PRÉSIDENT INTÉRIEUR AU COMITÉ DE LIAISON DES ÉTUDIANTS D’OUTRE-MER ● Appel en faveur de l’organisation d’une grève des cours et des repas contre la répression à l’encontre des Algériens, et contre toutes les actions de l’OAS. Appel à une union très large des forces démocratiques pour imposer la paix en Algérie
Lettre du 15 janvier 1962 du V.P. Intérieur A.G.E Bordeaux, M.Belin au comité de liaison des étudiants d’Outre-mer.

8 FÉVRIER 1962 ● UNITÉ SYNDICALE CONTRE LES ACTES CRIMINELS DE L’O.A.S ● MANIFESTATIONS Á LA BASTILLE ● MÉTRO CHARONNE  ● Déclaration d’appel unitaire des syndicats C.G.T.de la Seine et de l’Oise, de l’Union régionale parisienne C.F.T.C., du SGEN, des sections de la Seine et de l’Oise de la F.E.N, du P.C., du PSU, des Jeunesses catholiques, des JSU, et des Étudiants du PSU, du Mouvement de la Paix et du M.L.O (Mouvement de libération ouvrière) : "Les complicités et l'impunité dont l’OAS bénéficie de la part du pouvoir malgré les discours officiels, encouragent ses actes criminels. Une fois de plus, la preuve est faite que les antifascistes ne peuvent compter que sur leurs forces, sur leur union, sur leur action".  La manifestation est interdite par le gouvernement, qui invoque le caractère anti-gouvernemental de l'appel . Le bilan (8 morts, des centaines de blessés) est écrasant pour le pouvoir gaulliste. Les communiqués du Ministère de l'Intérieur invoquent des provocations de « commandos communistes organisés ».
(Extraits Analyses et Documents, N° 29 Mars 1962)
Voir aussi la rubrique ESU/UNEF au 13 février 1962

AVRIL 1962 • CONGRÈS DE REIMS •  EXTRAIT DU RAPPORT MORAL En 1961-1962 la question algérienne a pesé lourdement sur la vie du mouvement étudiant. La fin de la guerre d’Algérie ouvre une nouvelle période marquée par le développement de coopérations internationales sur de nouvelles bases, et, sur un plan général, le retour à des revendications plus traditionnelles.
Extrait du rapport moral présenté au Congrès de Reims par Dominique WALLON, pp.24 à 28 - 46 et 47.

AVRIL 1962 ● GAGNER LA BATAILLE DE L’AMNISTIE ● Le Conseil National du P.S.U des 31 mars et 1er Avril s’est engagé dans la lutte pour l’amnistie des prisonniers anti-colonialistes ou engagés contre la guerre d’Algérie. Le Secours Populaire a lancé également un appel ; le Groupe communiste a déposé une proposition de loi ; le Front de solidarité à la Révolution algérienne s'organise pour mener campagne, tous demandent l’amnistie.
Tribune Socialiste N° 98, 21 Avril 1962 signé Albert Roux

AVRIL 1962 ● COMMUNIQUÉ DE L’AGENCE PRESSE DU G.P.R.A ● Au moment du cessez-le feu plus de 5000 algériens étaient internés au camp du Larzac, 500 viennent d’être libérés sur le territoire français et tous les autres doivent quitter la France pour l’Algérie, dans des conditions inhumaines, entassés dans des cales de navire et sans tenir compte de leurs attaches professionnelles et familiales en France. Il en est de même pour les 6000 emprisonnés en France. L’administration les envoie en Algérie, leur réclame des amendes ou veut les réintégrer dans l’armée. Toutes ces décisions arbitraires sont loin de l’esprit des accords d’Evian et font douter des intentions du gouvernement français au-delà de cet accord.
Tribune Socialiste N° 98, 21 Avril 1962

27 AVRIL 1962 ● DES OTAGES … ET DES AUTRES ● Lors de son discours d’investiture, ce 27 Avril, Pompidou déclare que pour régler la question des militaires prisonniers du F.L.N. ou disparus, la France a suspendu la libération des prisonniers algériens. Ce raisonnement est d’autant plus à dénoncer que les prisonniers libérés n’ont en fait été que renvoyés en Algérie même s’ils étaient intégrés avec leur famille en France. Appel pour une mobilisation forte pour la libération de tous les prisonniers français ou algériens, contre l’exil forcé, ou la clandestinité.
Tribune Socialiste N° 100, 5 Mai 1962

[MAI 1962] ● BORDEAUX ● MOTION VOTÉE A L’UNANIMITÉ PAR 2500 PROFESSEURS ET ÉTUDIANTS DE L’UNIVERSITÉ DE BORDEAUX ● La motion dénonce les menaces, les attentats et tortures et la dégradation croissante de la démocratie en France.
[Mai 1962] Motion des étudiants et enseignants de l’Université de Bordeaux

1er JUILLET 1962 ● À NOS AMIS ALGÉRIENS ● L’Algérie a voté largement pour l’indépendance « associé », même si elle aurait souhaité une association beaucoup plus librement négociée et une indépendance sans conditions. Ces négociations ont pu choquer, mais ne pas négocier c’était laisser se poursuivre les destructions et les massacres. Maintenant, au-delà des batailles politiques où chaque groupe condamne la décision de l’autre il reste aux dirigeants algériens à concrétiser la révolution sans donner aux responsables de la guerre le plaisir d’avoir réussi à diviser les algériens. Le Conseil National du P.S.U. assure le peuple algérien de son soutien.
Tribune Socialiste N°117, Octobre 1962 signé Claude Bourdet

11 JUILLET 1962 ● RENCONTRE À RABAT POUR LA RECHERCHE D’UN COMPROMIS AU SEIN DU F.L.N ● Le F.L.N., seule véritable force organisée, capable de prendre les choses en main, se trouve affaiblie par des conflits internes. Conflits de personnes, divergences sur l’organisation des structures, désaccord sur le rythme ou la nature des réformes à entreprendre, personne ne sait exactement lequel de ces éléments a compté le plus dans l’éclatement du conflit. La rencontre de Ben Bella à Rabat avec deux émissaires du G.P.R.A. est toutefois le signe d’une volonté d’apaisement et du maintien de l’union pour pouvoir ensuite aborder les débats de fond.
Tribune Socialiste N°110, 14 Juillet 1962

25 JUILLET 1962 ● ALGÉRIE : DE L’INDÉPENDANCE À LA RÉVOLUTION ● Le scrutin du 1er Juillet consacre l'indépendance de l'Algérie, cependant, la situation politique est complexe. Le F.L.N. comme l’U.G.T.A. déplorent des prises de position contradictoire des dirigeants mais font de l’unité la condition de la victoire. S’il n’y a pas d’accord véritable entre les forces sociales qui ont mené la révolution, tous s’accordent sur le fait qu’il faut remédier à la vacance du pouvoir, prendre des mesures de gestion, principalement économiques, inscrire l’Algérie dans la communauté internationale et garantir l’unité du pays. Traditions, batailles de clans, divisions sur les analyses politiques caractérisent l’Algérie en pleine mutation.
Tribune Socialiste N°112, 28 Juillet 1962 signé Marc Heurgon

SEPTEMBRE 1962 ● ALGÉRIE : LA LASSITUDE DU PEUPLE EMPÊCHERA-T-ELLE LA GUERRE CIVILE ? ● La situation politique est très confuse et il est impossible de faire un point tant les prises de position, les alliances, les déclarations ne sont pas durables. Une explosion populaire est toujours possible et il ne semble pas y avoir de force qui puisse s’imposer. Pourtant il y a un profond désir de stabilité pour affronter les problèmes de l’Algérie indépendante.
Tribune Socialiste N°113, 8 Septembre 1962 signé Pierre Luquet

SEPTEMBRE 1962 ● N’ENTERREZ PAS L’ALGÉRIE SOCIALISTE ● La révolution algérienne connaît des difficultés et il est difficile de faire une analyse exacte de la situation. Si tous les algériens sont pour le programme de Tripoli, pour la construction d’une Algérie socialiste, la mise en oeuvre de la reconstruction est difficile. Ce n’est que progressivement que les structures de guerre de l’A.L.N-F.L.N. opèreront une reconversion. Refus général de tout leader politique car chacun s'affirme gardien des valeurs de la révolution.
Tribune Socialiste N°114, 15 Septembre 1962 signé Albert Roux

6 SEPTEMBRE 1962 ● ALGÉRIE ● RENTRÉE SCOLAIRE SANS PROFESSEURS ● Une dizaine de professeurs membres du P.S.U. préparent,avec l’U.N.E.F et le S.G.E.N. sur une initiative de l’U.G.E.M.A et de l’U.G.T.A, les élèves et les étudiants aux examens d’octobre. Une expérience très riche. Il y a 1.200 000 élèves scolarisés pour 6 000 instituteurs alors qu’il faudrait 27 000 instituteurs et 1.500 professeurs. Appel à tous les volontaires pour prendre la relève et enseigner en Algérie
Tribune Socialiste N°114, 15 Septembre 1962

20 SEPTEMBRE 1962 ● LES ÉLECTIONS ALGÉRIENNES CONSACRENT LE SUCCÉS DU BUREAU POLITIQUE ● Les élections du 20 septembre marquent la fin de la crise politique de l’été et ouvrent la voie à la reconstruction. Elles consacrent la victoire de Ben Bella et du bureau politique. La lassitude populaire a beaucoup joué en faveur de ce dernier car tous souhaitent la reprise de l’activité économique, de l’administration et une stabilité politique. Toutefois le succès des élections ne sera réel qui si une unité large et durable autour des nouveaux leaders s’établit au-delà des luttes de pouvoir et des orientations politiques divergentes.
Tribune Socialiste N° 115, 22 Septembre 1962

FIN SEPTEMBRE 1962 ● "LE PEUPLE FRANÇAIS NOUS A AIDÉS" M’ONT DIT DES ALGÉRIENS DANS LA RUE ● Julien Kanfer, militant P.S.U a pu mesurer combien les algériens sont reconnaissants au P.S.U. plus particulièrement, mais aussi à toutes les forces de gauche pour le soutien des camarades français en faveur de la paix en Algérie. Les militants de l’ U.G.E.M.A. et de l’U.G.T.A. s'inquiètent du besoin important en professeurs pour permettre la remise en route des écoles et de l’université. Les difficultés de la presse militante reflètent les antagonismes du débat politique.
Tribune Socialiste N°116, 22 Septembre 1962 signé Julien Kanfer

OCTOBRE 1962 ● ALGÉRIE : LE RÉGIME SE MET EN PLACE ● Si l’élection du chef de l’État et la désignation du Président de l’Assemblée Constituante n’ont apporté aucune surprise, il est à noter qu’une opposition faible s’est fait connaître car il manquait 54 voix à Ben Bella. Par ailleurs, les députés malgré le système des listes uniques ne forment pas un bloc soumis au pouvoir exécutif. Ainsi ils ont refusé d’adopter sans discussion ni modification un projet de résolution qu’avait préparé le bureau politique. L’opposition est faible mais peut entraîner l’assemblée à exercer un authentique contrôle.
Tribune Socialiste N°117, 6 Octobre 1962 signé Pierre Luquet

OCTOBRE 1962 ● LA SITUATION SANITAIRE EN ALGÉRIE ● Pierre Court, parti comme médecin volontaire en Algérie au lendemain des accords d’Evian fait le point de la situation sanitaire. Le manque de médecins, de cliniques ou hôpitaux est criant mais manque aussi le personnel para médical pour aider à soigner des pathologies lourdes de l’après-guerre. Des volontaires médecins et infirmiers sont attendus pour mettre sur pied un enseignement court ou long pour tous les volontaires.
Tribune Socialiste N°120, 27 Octobre 1962 signé Docteur Pierre Court

4 DÉCEMBRE 1962 ● ALGÉRIE : UNE AIDE SANS CONDITION POLITIQUE ● Après deux mois d’exercice du pouvoir, Ben Bella présente le 4 décembre à l’Assemblée la situation économique et budgétaire du pays. La trésorerie est dramatique et une politique de reconstruction, affirmée dans un esprit socialiste, est nécessaire. Il lui faut par ailleurs, des capitaux et si la Pologne, la Bulgarie et la Tchécoslovaquie ont affirmé le maintien des liens commerciaux, la France, au-delà des accords d’Evian, se doit d’aider l’Algérie à construire son indépendance.
Tribune Socialiste N° 127, 15 Décembre 1962 signé Albert Roux

DÉCEMBRE 1962 ● NOËL 1962 : L’ALGÉRIE C’EST TOUJOURS NOTRE AFFAIRE !● Après 7 ans de guerre, l’Algérie connaît enfin la paix mais le pays est exsangue et la situation, en particulier, des jeunes est dramatique. Ils manquent de l’indispensable tant à l’école qu’à la maison ou dans les institutions où ils ont été placés. Appel à la générosité de tous lancée par la Commission Nationale Solidarité du P.S.U.
Tribune Socialiste N°126, 8 Décembre 1962

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1963

JANVIER 1963 ● CONFÉRENCE DE PRESSE "CLANDESTINE" CHEZ TANGUY-PRIGENT ● IL FAUT QUE LA GAUCHE FRANCAISE SE SOLIDARISE AVEC LES EMPRISONNÉS ● Cette réunion devant une quarantaine de journalistes français et étrangers avait pour but l’annonce de la création d’un comité de soutien aux Français poursuivis pour avoir refusé de porter les armes contre le peuple algérien.
Tribune Socialiste N° 133, 26 Janvier 1963

JANVIER 1963 ● CONGRÈS DE L’U.G.T.A.● LE BUREAU POLITIQUE A PRIS EN MAIN LA CENTRALE SYNDICALE ALGÉRIENNE ● Au sein du gouvernement Algérien, des ministres refusent de discuter avec les représentants de l’U.G.T.A contrairement à l’accord récent entre le syndicat et le Bureau Politique. Syndicat et Parti semble être lié par le Bureau Politique qui est acteur au gouvernement. Un syndicaliste interrogé estime que chacun a un rôle différent et que le syndicat ne doit pas se couper de la masse des travailleurs.
Tribune Socialiste N°133, 26 Janvier 1963 signé Frédéric Desnault.

23 JANVIER 1963 ● BORDEAUX ● LETTRE DU VICE PRÉSIDENT-INTÉRIEUR ● Appel à une réunion pour organiser la commémoration des victimes du 8 février 1962 assassinées devant le métro Charonne à Paris.
Lettre signée M.Belin, 23 Janvier 1963

JANVIER 1963 ● RÉFORME AGRAIRE ET DÉSIR D’UNITÉ : PRÉOCCUPATIONS MAJEURS DES DIRIGEANTS● Albert Roux vient de passer quelques semaines en Algérie. Il a pu constater combien la guerre a laissé le pays dans une situation économique difficile. L’administration et les structures économiques manquent cruellement de personnel qualifié. Cependant les dirigeants politiques et syndicaux font tout pour préserver l’unité dans l’action pour relever le pays. Aidée par la Yougoslavie et les pays arabes, la jeune république bénéficie aussi du soutien technique de la Bulgarie, et de la Tchécoslovaquie. Ben Bella poursuit la construction de la réforme agraire.
Tribune Socialiste, N°133, 26 Janvier 1963 signé Albert Roux

13 FÉVRIER 1963 ● FÉVRIER 1962 – FÉVRIER 1963 ● NOUVEAUX OBJECTIFS - MÊME MÉTHODE ● RÉFLEXIONS SUR LE 13 FÉVRIER 1963 ● Au lendemain de la manifestation du 13 février en mémoire des martyrs de la station de métro Charonne, la presse salue l’unité de la gauche rassemblée dans un défilé unitaire. Malheureusement cette unité est impossible en dehors d’un tel rassemblement. Appel pour l’unité de la gauche pour une alternative politique au travers d’un programme commun d’action.
Tribune Socialiste N°135, 9 Février 1963
Tribune Socialiste N°137, 23 Février 1963

MARS 1963 ● ALGÉRIE ● UNE NOUVELLE ÉTAPE DE LA RÉFORME AGRAIRE ● Les accords d’Evian prévoient le maintien de la présence française dans le Sahara Algérien, en particulier à Reggane où la France réalise des essais nucléaires sous terre. La riposte algérienne est  venue sous la forme du décret du 22 mars, qui proclame la socialisation des  « biens vacants », et en particulier la celle du domaine Borgeaud, un des grands domaines, sur les terres les plus riches, laissés par la colonie européenne et exploités par leurs serviteurs. Ben Bella veut donner l’exploitation des terres aux paysans contre l’exploitation de la terre par les étrangers capitalistes
Tribune Socialiste, N°143, 6 Avril 1963 signé Albert Roux

11 AVRIL 1963 ● ALGÉRIE : UN ATTENTAT QUI VISE LE RÉGIME ● KHÉMISTI EST MORT ● Mohamed Khémisti, nommé à l’âge de 32 ans Ministre des Affaires Étrangères de Ben Bella est tué par balles près du siège de l'Assemblée Nationale par un homme traité de "malade mental ". Khémisti était un militant de l’UGEMA, responsable de la section de Montpellier en 1955-1956. Il avait présidé le Congrès du 24 au 30 mars 1956 à Paris qui avait conclu par des recommandations dont l’indépendance nationale, la libération de tous les détenus et l’ouverture des négociations avec le FLN.
Tribune Socialiste N°145, 20 Avril 1963 et Tribune Socialiste N°148, 11 Mai 1963

17 AVRIL 1963 ● ALGÉRIE : LE VRAI CONFLIT, LA NATURE DU PARTI ● Mohamed Khidder annonce le 17 avril 1963 sa démission de secrétaire général du bureau politique du F.L.N. Il reste membre mais c’est le président Ben Bella qui le remplace à la tête du bureau politique. Les deux personnages sont opposés sur la nature du parti. Ben Bella veut un parti qui soit une « minorité d’avant-garde », encadrant les adhérents des organisations nationales et syndicales. Il souhaite un parti de cadres capables de conduire le changement dans le pays et au-delà dans toute l’Afrique. Mohamed Khidder défend la conception d’un parti de masse et souhaiterait que tous les responsables de la révolution dans et hors le FLN puissent examiner la nouvelle constitution.
Tribune Socialiste N°146, 27 Avril 1963 signé Albert Roux

AVRIL 1963 ● L’ALGÉRIE À L’HEURE DU CHOIX ● Les algériens vivent dans un État qui entre dans sa deuxième année d’indépendance. Ils expérimentent une réalité complexe dont il est difficile de prédire l’avenir. Si certains européens sont restés en Algérie et côtoient les musulmans il n’en n’est pas de même pour « les pieds noirs » qui se sont battus aux côtés de l’O.A.S. et qui regretteront encore longtemps l’ Algérie française et dénoncent l’attitude de l’armée française qu’il considère comme une trahison. Si l’enthousiasme populaire est présent, si la soif d’apprendre est grande, il n’en reste pas moins des traces lourdes d’incompréhension et d’interprétation individuelle de la guerre.
Tribune Socialiste N°146, 27 Avril 1963 signé Dominique Laury

AVRIL - MAI 1963 ● TRIPOLI EFFACE ÉVIAN : LE PEUPLE ALGÉRIEN S’EST ENGAGÉ SUR LA VOIE DU SOCIALISME ● Par les décrets du 30 Mars 1963 Ben Bella, premier Président de l’Algérie indépendante consolide les décrets des 22 et 23 Octobre 1962 et donne une base juridique à l’exploitation collective, par des comités de gestion, des grands domaines et des biens vacants. Cette réglementation de l’autogestion, sur le modèle des conseils ouvriers yougoslaves constitue la première mesure de l’Algérie indépendante pour une ouverture au socialisme.
Tribune Socialiste N°144, 13 Avril 1963 signé Albert Roux
Tribune Socialiste N°147, 4 Mai 1963 « L’Algérie à l’heure du choix : les comités de gestion » signé Dominique Laury

MAI 1963 ● L’ALGÉRIE À L’HEURE DU CHOIX : LA JEUNESSE, CIMENT DE L’ALGÉRIE NOUVELLE ● Ben Bella a lancé un appel largement entendu, à la jeunesse pour qu’elle apporte son soutien à l’édification de l’Algérie nouvelle. L’Algérie souffre du vide laissé par le départ de 90% des cadres français. Il est donc urgent de remplacer cet encadrement dans tous les secteurs et à tous les niveaux pour la gestion des intérêts du pays. De nombreux jeunes volontaires ont consacré leurs vacances à une formation accélérée aux questions économiques, aux règles sanitaires du travail, à l’encadrement des équipes, aux méthodes d’alphabétisation. La jeunesse est enthousiaste et volontaire pour le relèvement du pays.
Tribune Socialiste N° 148, 11 Mai 1963 signé Dominique Laury

MAI 1963 ● L’ALGÉRIE À L’HEURE DU CHOIX : MESURES PARTIELLES OU MARCHE VERS LE SOCIALISME ● L’Algérie se cherche entre les nécessités de la coopération avec la France, l’Égypte de Nasser qui a soutenu la guerre pour l’indépendance, le voisinage du Maroc et la question de l’appartenance à la République Arabe Unie. Il lui faut passer du colonialisme à l’indépendance dans un pays où le chômage est endémique et où la pression populaire pour un mieux vivre, est un véritable atout. La création d’une république socialiste n’est pas aussi simple qu’il n’y parait et Ben Bella qui souhaite devenir le modèle pour l’Afrique a un énorme chantier à couvrir.
Tribune Socialiste N° 149, 18 Mai 1963 signé Dominique Laury

JUILLET 1963 ● L’AIDE GOUVERNEMENTALE À L’ALGÉRIE DEVIENT UNE RÉALITÉ ● Une conférence rassemblant près de 150 délégués de plusieurs pays européens s’est réunie à Alger courant Juillet pour étudier avec les ministères algériens comment les associations, les ouvriers et les techniciens volontaires pouvaient apporter leur appui à l’Algérie.  Il a été possible de faire un état des lieux des besoins et les échanges ont permis aux diverses délégations européennes de découvrir des formes d’aide auxquelles elles ne songeaient pas. Il est proposé des aides pour les coopératives, l’épargne et la formation technique. Ben Bella a insisté sur le caractère socialiste que les dirigeants entendaient donner au développement de l’Algérie et qu’il souhaitait une liaison étroite avec les mouvements ouvriers européens.
Tribune Socialiste N°156, 6 Juillet 1963 signé Claude Bourdet

JUILLET 63 ● LE MALAISE ALGÉRIEN ● Un an après la déclaration d’indépendance, des tensions internes qui peuvent inquiéter, se manifestent en Algérie. Si on peut comprendre les tensions dues à la situation économique, ou à l’attente des algérois pour un changement plus rapide qu’il n’est possible, on peut s’interroger sur le silence du pouvoir sur les arrestations récentes de militants qui ont combattu pour l’indépendance, tels Boudiaf, Allouache, Ben Sounès et Kebaili.
Malgré ces inquiétudes, l’UNEF relaie l’UGEMA dans un appel à volontaires pour des stages de formation accélérée dans le secteur médical.
Tribune Socialiste N°158, 20 Juillet 1963

ÉTÉ 63 ● DE L’OTOMATIC AU CERCLE TALEB ● Pendant  les vacances, environ 200 étudiants ont choisis d’effectuer un stage de deux mois en Algérie. Ce stage organisé par l’U.N.E.F. s’inscrit dans la politique générale du mouvement autour de l’unité du mouvement étudiant. Une coopération avec les Unions Nationales des pays récemment libérés de la tutelle coloniale est nécessaire pour amener à mieux comprendre les besoins des pays émergents et pour sensibiliser les étudiants à la construction de l’Algérie nouvelle. Cette initiative est une occasion pour l’UNEF de redéfinir sa politique internationale face aux problèmes nouveaux posés par l’émancipation de l’Afrique et à la politique gouvernementale française. Les jeunes stagiaires témoignent de leur expérience.
Dossier réalisé par Jean-Claude Gillet et un groupe du stage UNEF en Algérie – Revue 21x 27- L’Étudiant de France, Décembre 1963 – Janvier 1964

15 JUILLET – 15 AOÛT 1963 ● STAGE DE FORMATION DES MONITEURS ALGÉRIENS DE STORA ● Des enseignants et des étudiants ont organisé un stage d’été pour former des algériens qui deviendront moniteurs et pourront répondre au besoin d’alphabétisation très important pour l’Algérie indépendante.
Tribune Socialiste N°161, 21 Septembre 1963 signé Suzanne Gerbe

SEPTEMBRE 1963 ● LE SECOND GOUVERNEMENT ALGÉRIEN À une cadence accélérée l’Algérie s’est donnée un gouvernement, une constitution, un président de la République. Ces trois faits politiques ont été inspirés par le parti unique du F.L.N. Depuis la déclaration d’indépendance, le travail réalisé pour remettre sur pied le pays tient du miracle. Sans juger, il faut prendre en compte la réalité de l’état du pays et reconnaître les difficultés à installer un régime socialiste. L’expérience algérienne mérite toute l’attention et l’appui de ceux qui ont lutté pour l’indépendance.
Tribune Socialiste N°162, 23 Septembre 1963 signé Harris Puisais

1er OCTOBRE 1963 ● ALGÉRIE NATIONALISATION ET SOULÈVEMENT ● Le 1er octobre le gouvernement algérien annonce la nationalisation des biens des colons gérés désormais par des comités de gestion. Le vote en faveur de la nouvelle constitution enregistre une abstention importante en Kabylie qui regroupe le plus important bataillon du front des forces socialistes (F.F.S.), créé le 29 septembre 1963 par Hocine Aït Ahmed, opposant déclaré de Ben Bella. Si ce mouvement kabyle bénéficie d’un appui favorable de la part des troupes marocaines à la frontière, son opposition à Ben Bella n’est pas suivie par la majorité des algériens qui veulent avant tout la paix. Cette rébellion n'a pas entraîné, dans l’immédiat, de rupture dans le dialogue avec le Maroc sur le tracé des frontières mais a limité les interventions des oppositionnels au sein du parti FLN et à l’Assemblée Nationale.
Tribune Socialiste N°164, 12 Octobre 1963 signé Albert Roux

OCTOBRE 1963 ● STAGE DE FORMATION DE RESPONSABLES SANITAIRES RURAUX EN ALGÉRIE ● A l’initiative de l’UGEMA et de l’association générale des étudiants en médecine de Paris, des moniteurs algériens et français : étudiants en médecine ou infirmiers ont formé 65 algériens aux premiers soins, aux dépistages, à la protection et à l’orientation médicale pendant deux mois. Une aide précieuse pour l’Algérie dont le besoin sanitaire est essentiel.
Tribune Socialiste N°164, 12 Octobre 1963

23 OCTOBRE 1963 ● L’ALGÉRIE NOUVELLE ET SES AMIS FRANÇAIS ● L’Association d’amitié et de solidarité franco-algérienne (A.S.F.A.) fait le bilan positif des trois stages de l’été. Cette rencontre a été l’occasion pour Manuel Bridier, P.S.U. ou Claude Lestier de Libération d’informer sur la réalité algérienne, notamment sur les comités de gestion, le caractère socialiste de la révolution algérienne et également sur le conflit latent entre l’Algérie et le Maroc. La rencontre se termina par la lecture d’une motion, rapidement votée et non amendée, sur ce qui aurait pu être une prise de position sur le conflit entre l’Algérie et le Maroc.
Tribune Socialiste N°167, 2 Novembre 1963 signé Albert Roux

25 – 27 OCTOBRE 1963 ● AUTOGESTION ET VOIES DU SOCIALISME AU PREMIER CONGRÈS NATIONAL DES FELLAHS ● Ce premier congrès des entreprises agricoles autogérées a été le congrès de la démocratie directe où pour la première fois les paysans ont été pris en considération et ont pu s’exprimer. Ils n’ont pas ménagé leurs critiques : mal payés, mal approvisionnés, sans matériel ni semences. Le discours d’introduction de Ben Bella aborda d’emblée ces problèmes qui ont d’ailleurs fait l’objet des quatre résolutions adoptées à l’issue du congrès. Le but de ces résolutions est d’alléger la bureaucratie, éliminer les intermédiaires parasites et donner à l’autogestion son véritable sens. Une période transitoire préparatoire au socialisme devra combiner nationalisations, planifications et réflexions sur le marché, ainsi que l’exprime un journaliste dans son compte rendu pour la revue « Révolution Africaine ».
Tribune Socialiste N°170, 23 Novembre 1963 signé A. Durez

NOVEMBRE 1963 ● LE MAGHREB DECHIRÉ ● Les relations entre les pays du Maghreb sont bouleversées par de violentes crises qui ont opposé tour à tour la Tunisie au Maroc, puis la Tunisie à l’Algérie et maintenant l’Algérie au Maroc. Ce dernier a suscité un nouveau conflit à propos de ses frontières. Conflit d’abord politique, ce différend a pris la tournure d’une bataille d’usure, car les tentatives d’organisation du Maghreb esquissées à plusieurs reprises, n’ont pu être réalisées tant elles remettent en cause une organisation héritée du colonialisme qui aurait pour conséquence l’embrassement de l’ensemble des pays africains. Le décalage d’ordre social, politique et idéologique entre les pays, a fait avorter les efforts entrepris. A l’opposé, les forces les plus éprises de l’unité maghrébine se rencontrent au sein du mouvement syndical des trois pays ainsi que parmi les étudiants rassemblés dans un mouvement commun.
Tribune Socialiste N°167, 2 Novembre 1963 signé A.Durez

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1964

JANVIER 1964 ● À L’APPROCHE DU CONGRÈS F.L.N. DES AFFRONTEMENTS INÉVITABLES ● Difficultés économiques, chômage augmenté par un afflux de la population des campagnes, défaillance de l’administration et une grande incompréhension de la politique définie par le chef de l’État par les cadres politiques qui sont souvent incompétents, telle est la situation de l’Algérie à la veille du congrès du F.L.N. Cette situation générale est durcie par l’absence d’un véritable parti à l’écoute des masses. Le congrès devra construire un programme et une organisation qui confirmera l’option socialiste reposant sur l’autogestion. L’enjeu est important pour que les luttes internes ne viennent pas décevoir l’attente des algériens face aux difficultés économiques et sociales.
Tribune Socialiste N°178, 18 Janvier 1964

MARS 1964 ● POUR COMPRENDRE L’ALGÉRIE ● ÉVIAN - DÉCRETS DU 22 MARS SUR L’AUTOGESTION - ENTREVUE DE GAULLE BEN BELLA ● Les militants du P.S.U. qui se sont battus contre le pouvoir gaulliste en faveur de l’indépendance de l’Algérie, qui n’ont pas approuvé la façon dont s’est négociée la fin de la guerre ni l’attitude de la France sur le Sahara, ont du mal aujourd’hui à comprendre la rencontre Ben Bella De Gaulle souhaitée par ce dernier. Harris Puisais, membre du Bureau National du P.S.U., rappelle que toute ingérence dans les affaires intérieures a toujours été combattue et explique qu’il est important de comprendre que Ben Bella, en tant que nouveau chef d’État puisse souhaiter cet entretien malgré toute son ambiguïté. L’Algérie a autant besoin des capitaux français sous la forme la moins « néo-capitaliste » possible que de reconnaissance et seul le dialogue entre les deux gouvernements permettra, pendant cette période transitoire, la négociation.
Tribune Socialiste N°188, 28 Mars 1964 signé Harris Puisais, membre du Bureau National du P.S.U.

AVRIL 1964 ● ALGÉRIE : EN MARCHE VERS LE SOCIALISME.● La réussite du choix entre une organisation économique capitaliste ou socialiste autogérée sera jugée en fonction de la capacité à sortir le pays de la misère. Actuellement la situation économique reste difficile. Si les besoins de crédits extérieurs sont nécessaires il apparaît important à Ben Bella de les canaliser et c’est dans ce sens qu’il met en place des sociétés d’économie mixte dans lesquelles l’État algérien limite dans le temps l’apport capitaliste et envisage leur expropriation à terme. Un pari dont la réussite dépendra de la nature de l’intervention de l’État, et du mode de gestion des secteurs autogérés limitant toute bureaucratie et permettant à la fois, initiative individuelle et développement au profit de tous.
Tribune Socialiste N° 189, 4 avril 1964 signé Manuel Bridier

AVRIL 1964 ● RÉFLEXIONS SUR L’AUTOGESTION ● Il est impossible de conserver les anciennes structures héritées du colonialisme et vouloir édifier un régime socialiste. Les décrets de 1963 sur la création des secteurs autogérés de l’agriculture sont une réponse au souhait de liberté et de justice de tout un peuple qui a lutté pour l’indépendance. L'autogestion a encore ses insuffisances et la commercialisation des biens doit être organisée pour être efficace. Le congrès de mars du secteur autogéré devra être un congrès d’organisation des secteurs autogérés. Le congrès du F.L.N. devra, quant à lui, définir le rôle du Parti dans la vie politique, syndicale et économique du pays. Il ne faudrait pas que la bureaucratie du parti et se substitue à l’action syndicale. Ceci est une des conditions de l’équilibre du socialisme algérien.
Tribune Socialiste N°189, 4 Avril 1964 signé Harris Puisais

AVRIL 1964 ● LA PLACE DE LA FRANCE DANS LA VIE ACTUELLE DE L’ALGÉRIE ● Extrait du livre de Claude Estier « Pour l’Algérie », publié aux Éditions Maspero, qui complète les points de vue de Manuel Bridier et Harris Puisais sur les questions de l’Algérie d’aujourd’hui et plus particulièrement sur les différentes réactions des coopérants ou des français restés en Algérie pour apporter leur concours dans les secteurs de l’éducation, de l’industrie et du médical.
Tribune Socialiste N°189, 4 Avril 1964

MAI 1964 ● CONFÉRENCE SANITAIRE SUR LA SITUATION ET L’ORGANISATION DE LA MÉDECINE EN ALGÉRIE ● Une conférence sur la situation sanitaire et l'organisation de la santé en Algérie s'est tenue récemment à Paris, à l'initiative de la Commission médicale de l'Association Amitié Solidarité franco-algérienne, sous la présidence du docteur Paul Court, membre P.S.U. Deux ans après un premier compte rendu sur les difficultés organisationnelles de la médecine en Algérie, au lendemain de la guerre, on peut constater une nette amélioration de la situation grâce à une meilleure définition des besoins. De nombreuses possibilités de travail volontaire se présentent cet été pour les étudiants en fin de scolarité (médecins, pharmaciens, dentistes, infirmiers, laborantines, sages-femmes, manipulateurs, secrétaires).
Tribune Socialiste N°194, 9 Mai 1964

MAI 1964 ● LE CONGRÈS F.L.N ● L’OPTION SOCIALISTE NE S’IMPOSERA PAS SANS DE NOUVELLES LUTTES ● Le discours introductif de Ben Bella affirme le choix d’une gouvernance socialiste pour l’Algérie. Trois grandes orientations se dégagent du Congrès : lutte contre la bourgeoisie et la bureaucratie y compris à l’intérieur du parti, reconstruction d’un parti homogène pour lequel les cadres du parti ne doivent pas appartenir à l’État, et dans lequel la classe populaire doit être largement représentée par des élections à tous les niveaux, réorganisation de l’administration et poursuite du programme d’autogestion. S’il ne semble pas que l'on ait tenté de s'opposer de front aux solutions socialistes avancées par le programme, il faut toutefois noter l’expression forte des traditionalistes qui sont intervenus par la voix de Brahimi, président des Oulémas revendiquant la filiation arabo-islamique de l’Algérie rappelant les principes religieux, et mettant en cause l’émancipation des femmes. Les résistances qui se sont manifestées à l'intérieur et autour du congrès laissent prévoir de nouvelles tensions et de nouvelles crises à terme.
Tribune Socialiste N°194, 9 Mai 1964

JUIN 1964 ● AFRIQUE SOCIALISTE OU SOCIALISME AFRICAIN ● Le socialisme est à l’ordre du jour et des expériences de gouvernance socialiste sont en cours dans une grande partie de l’Afrique libérée du colonialisme. Le développement des grands pays africains engendre une lutte des classes de plus en plus violente. C’est dans le parallélisme des luttes, des formes d’exploitation et des réactions populaires qu’elles suscitent de l’Algérie à l’Afrique du Sud que résident les germes d’une Afrique socialiste. Chacun des pays est cependant trop petit pour imposer un modèle de développement. La lutte pour l'unité africaine est inséparable de la lutte pour le développement économique et pour le socialisme. La gouvernance socialiste affirmée par l’Algérie et le Ghana doit être soutenue par la solidarité de tous les mouvements ouvriers par des contacts organisés et des actions communes contre l'ennemi commun qu’est le capitalisme. Le P.S.U a dans ce sens un rôle fédérateur à jouer.
Tribune Socialiste N°Spécial 200, 20 Juin 1964 signé Manuel Bridier

JUIN 1964 ● L’ALGÉRIE QUI SE CHERCHE ● Harris Puisais commente l’ouvrage écrit par Daniel Guérin à son retour d’Algérie en 1963. Entre 1963 et 1964 la situation algérienne a quelque peu évoluée mais bien des difficultés demeurent. Sont abordées les questions de la coopération, de l’autogestion, de la bureaucratie et de l’étatisation. Le chômage demeure et la situation économique a du mal à s’améliorer. On peut s’interroger sur la jeunesse, la place de la femme et plus particulièrement sur la tutelle forte de l’islam. Ben Bella, homme orchestre, a du mal à déléguer et sa présence permanente sur tous les fronts ne lui laisse que peu de temps pour une réflexion de fond. Il manque de véritables cadres politiques. Cela menace la pérennité de son travail s’il venait à disparaître.
Tribune Socialiste N°201, 27 Juin 1964 signé Harris Puisais

NOVEMBRE 1964 ● ALGÉRIE ● UN ANNIVERSAIRE, MAIS LA RÉVOLUTION CONTINUE ● 1954-1964 : 10 ans de révolution !. Pour comprendre l’Algérie politique d’aujourd’hui il est nécessaire de ne pas faire commencer son histoire en 1962, mais dès 1954. Peu d’informations ont été données à cette époque sur les mouvements spontanés d’opposition paysanne à l’exploitation des colons. Ce mouvement de contestation va être canalisé par le willayisme. Celui-ci constituera la meilleure formation d'organisation militaire pour un peuple qui n'a pas les moyens de livrer des batailles en rase campagne. Il ne saura pas, pour autant, constituer une organisation pour le temps de paix, et deviendra un obstacle à la réalisation de l'unité nationale. A l’intérieur de ce mouvement deux forces vont s’opposer : les régionalistes et les unitaires. Ben Bella choisira le camp des unitaires et affirmera son mode de gouvernance avec les décrets de 1963 sur l’autogestion. La révolution algérienne n’est pas une ligne droite mais elle s’appuie sur les forces populaires et continue à se construire.
Tribune Socialiste N°213, 7 Novembre 1964 signé Jacques Vivien

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1965

JANVIER 1965 ● ALGÉRIE : ARABES PARCE QUE SOCIALISTES ● Deux ans d’indépendance ont fait comprendre au peuple algérien le gommage systématique et volontaire de leur culture arabe. Ben Bella doit supprimer les antagonismes économiques mais aussi les antagonismes ethniques. Pour cela il invite les populations pénétrées des valeurs de l’occident et les populations du secteur traditionnel à se tourner ensemble vers leur fond commun qu’est la culture arabe. Cette renaissance arabe conditionne la réussite de l’Algérie dans sa quête du socialisme. « Il  ne s'agit pas d'abord de récupérer l'Histoire — d'exister en tant que peuple — et ensuite de construire le socialisme ; mais de répondre simultanément aux deux exigences qui apparaissent comme l'envers et l'endroit d'une même réalité ».
Tribune Socialiste N° 224, 23 Janvier 1965 signé Jacques Vivien

23 MARS 1965 ● ALGÉRIE : PLATE-FORME DE L’U.G.T.A. ● Deux ans après son premier congrès en janvier 1963, le deuxième congrès de l’Union Générale des Travailleurs Algériens devrait apporter une contribution importante, élaborée par les syndicats, à la définition des tâches du socialisme dans une période transitoire. Face aux transformations de l'espace économique et social, le rôle de l’U.G.T.A. est d'assurer l’unité et la cohésion des travailleurs face aux évolutions du travail, aux difficultés rencontrées dans les secteurs autogérés et à l’héritage colonial.
Tribune Socialiste N°232, 20 Mars 1965
Tribune Socialiste N°235, 10 Avril 1965 « Une nouvelle direction syndicale » signé Claude Glayman

18 JUIN 1965 ● L’ARMÉE A ABATTU BEN BELLA AU MOMENT OÚ IL POUVAIT SE PASSER D’ELLE ● Ben Bella a été chassé du pouvoir par l’armée nationale populaire du colonel Boumedienne. Le secret, le silence, la censure que l’armée victorieuse fait peser sur ce coup d’Etat indique que les nouveaux maîtres du pouvoir n’ont pas de programme et que la crise ne fait que commencer.
Tribune Socialiste N° 246, 26 Juin 1965
Tribune Socialiste N°253, 18 Septembre 1965 « Trois mois après le putsch » signé Claude Glayman.

SEPTEMBRE - OCTOBRE 1965 ● MEMORANDUM SUR LES ARRESTATIONS ● Sept Français travaillant en Algérie soit au titre de la coopération technique française soit au titre de coopérants indépendants ont été arrêtés entre le 28 Août et le 2 septembre. Les coopérants arrêtés sont militants au P.S.U.: J.Y Le Goff, Albert Roux, Simone Minguet, Pierre Meyer, M.Mazière, M.Laks et J.L.Goidoue. Le bureau national du P.S.U adresse un télégramme au secrétaire du F.L.N. et à l’ambassadeur en France pour déplorer les mêmes procédés employés contre ceux qui ont milité pour l’indépendance de l’Algérie et ont dénoncé ce type d'arrestations arbitraires contre des algériens. Albert Roux témoigne, le 27 septembre à la Mutualité, sur les tortures qui lui ont été infligées et dénonce les arrestations des algériens de plus en plus nombreuses depuis le putsch du 19 juin.
Tribune Socialiste N°253, 25 Septembre 1965
Tribune Socialiste N° 254, 2 Octobre 1965

NOVEMBRE 1965 ● ALGÉRIE D’HIER, RÉALITE D’AUJOURD’HUI ● La récente destitution du Président Ben Bella et les expulsions de militants socialistes français ont remis l’Algérie au premier rang de l’actualité politique internationale. Économie disloquée et  incohérente, tel était l’héritage que l’exploitation coloniale laissait en 1962 et auquel l’autogestion devait tenter de porter remède. Si dans l’agriculture l’autogestion fait progressivement ses preuves, l’industrialisation s’achemine vers un socialisme d’État qui sous la pression des occidentaux risque de devenir un capitalisme d’État. A cette situation il faut ajouter les problèmes sociaux et en particulier la question de la place de la femme dans la société musulmane. Le coup de frein donnée à l’autogestion par le gouvernement Boumediene n’est pas forcément le renoncement au socialisme, mais la réalité n’est pas celle que la gauche socialiste française a trop tendance à considérer comme un modèle.
Lire le point de vue de Michel Johan in Tribune Étudiante, Nouvelle Série N°1, Novembre 1965

 

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